Jim Thompson, L’échappée

Grdposter La critique littéraire est un exercice d’admiration. Cela vous oblige parfois à la nécrologie même lorsque comme votre serviteur, vous pratiquez l’exercice sans prétention. Petite minute de silence donc, pour Elmore Léonard qui vient de passer la plume à gauche, dans sa bonne ville crépusculaire de Détroit….Je vous remercie, vous pouvez maintenant reprendre vos activités habituelles, dont je pressens pourtant la vacuité. Un Incunable tout d’abord, avec la première traduction intégrale de « L’échappée » de Jim Thompson, chez Rivages, publié une première fois en France, dans la Noire en 1959. On peut enchaîner à l’envie, les qualificatifs tous plus laudateurs les uns que les autres, pour ce bon Jimmy mort il y a déjà 36 ans. L’on peut aussi vous épargner et simplement saluer un immense écrivain digne de Faulkner, pas moins.
C’est d’un roman magistral que je vous entretiens aujourd’hui. Il y a tout et même le reste : Un suspense étourdissant, une écriture au scalpel, des personnages ambigus à souhait que l’on tarde à détester, malgré leur absence totale de scrupules. Nos deux « tourtereaux », gangsters accomplis, s’aiment mais pas d’amour tendre. Ils s’aiment âprement, d’un amour malsain, parfois sincère mais corrompu par le calcul et la duplicité. L’exercice n’est pas facile, vous en conviendrez, amis lecteurs. Ils finiront par sombrer dans une paranoïa remarquablement décrite alors que leur « échappée » s’avère sans issue. C’est un roman oppressant et inexorable, pétri d’humanité qui porte un regard désabusé sur nos turpitudes, les vôtres surtout. J’aurais cependant, une petite réserve sur la fin un peu hallucinée presque christique. C’est un roman charnière grâce auquel le roman noir acquiert ses lettres de noblesse littéraires et quitte l’enfer des bibliothèques. C’est en un roman académique à l’origine d’un genre, le pendant littéraire d’un film d’Orson Welles mais ce sera pourtant Peckinpah qui l’adaptera au cinoche, comme quoi…  Vous ne rendrez suffisamment justice à ce road movie psychologique palpitant et somme toute très moderne qu’en l’achetant en plusieurs exemplaires et en le distribuant à votre entourage.

Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes, une étude en rouge

SherlockRouge

Je me suis laissé dire que certains d’entre vous, parfois par lubricité, souvent par nonchalance, s’étaient reproduits. Il est donc normal que votre progéniture à son tour, aille à l’école du vice et quoi de plus exemplaire en la matière que l’œuvre de Conan Doyle. Un classique chasse donc l’autre. Ma fille Camille âgée de 13 ans (oui je sais, la lubricité, la nonchalance mais bon) vous conseille donc « Sherlock Holmes, une étude en rouge » chez Librio policier et vous le présente ci-après dans « Bien vu Sherlock ». « Lauriston Garden, un coin sinistre de Londres recèle un terrible secret. Un corps sans vie est retrouvé dans une maison abandonnée. Aucune blessure, aucun indice révélateur sur le lieu du crime. Seul le mot RACHE, écrit avec du sang, sur le mur. Cette affaire semble inssoluble mais par pour le grand Sherlock Holmes qui saura trouver la clé de ce mystère, grâce à son intuition légendaire et ses multiples connaissances dans l’art du crime. Dans cette première histoire de notre héros détective, racontée par Watson, nous découvrons le personnage avec stupeur et admiration. Le livre est plein de rebondissements, de retournements de situation et de suspens… Il est évidemment signé Arthur Conan Doyle, pour le plus grand plaisir des amateurs de romans policiers ».

Bon sang ne saurait mentir !