Les courses du Challenge Scootentole – association issue du forum éponyme – sont des amicales crées vers 2008 en France, qui fleurent bon les années 60/70 et les émanations d’huile 2-temps. Ouvertes à tous et toutes, elles sont dédiées aux scooters « classiques » (en tôle, à vitesses manuelles…), dans les faits 100% de Vespa et Lambretta. Deux catégories majeures : petite coques (SP1/SP2), et grosses coques (LP1/LP2). La base moteur et la silhouette doivent être plus ou moins d’origine. En Endurance, chaque équipe peut engager de 3 à 5 pilotes, avec relais toutes les heures (maxi). Le principe ? Départ en ligne à 9h00 du matin, arrivée à 19h00 !

Etrangeté de règlement dans cette discipline « classique », les cylindres refroidis par eau sont autorisés (tous en petite coque/SP1). Si bien qu’ils dominent habituellement cette endurance long circuit. Or cette année, parmi les quatre moteurs Quattrini « water cooled », deux ont cassé, les deux autres ont chuté ! le Vespa Pugenti Racing italien de Christian Mazelli (vainqueurs en 2014) et le MaVespa (une équipe de Clermont-Ferrand) ont cassé très tôt, le SPRT 1 et Authentik Racing 264 sont allés goûter le bitume. SPRT, vainqueur en 2015, abandonne rapidement tandis que les Basques d’Authentik – vainqueurs de la première édition en 2011 – malgré deux belles glissades, vont réussir à remonter et sauver les meubles (13èmes au scratch).

Moteurs 2-temps only. A Magny-Cours, les scooters réchauffent le climat. Photo Vincent Birolleau

Sur une quinzaine de Small SP1 engagés (la formule 1 de la catégorie), la moitié n’a pas vu la ligne d’arrivée. Photo Marc Gosparini
Pour la gagne, restaient donc les «petites coques missiles » dotés des nouveaux gros moteurs à air Quattrini M200 qui ont tous été vus en tête de la course. Leurs performances sont sidérantes puisqu’ils doublent même les « liquide » en ligne droite !

Explication italo-austro-allemande pour le leadership
La lutte pour la victoire a été intense et a duré 10 heures entre Projekt Paul (D/SP1), Scuderia ESC (D/SP1) et School Forest Racing (Aut/SP1). Le M200 des Autrichiens de School Forest Racing finit par rendre l’âme, mais deux heures avant la fin – surprise – la grosse coque Pinasco usine (LP1) aussi régulière que rapide, est dans le même tour que le leader Scuderia ESC ! Finalement le miracle n’aura pas lieu, et ce sont les Allemands de Projekt Paul – en mode pitbull, ils n’ont jamais lâché le morceau – qui s’imposent à la Scuderia ESC pour quelque 30 secondes. Scuderia ESC et le Large Pinasco ayant chuté chacun une fois.

La catégorie « grosse coque » dite LP1 (les PX et les Lambretta) est la plus représentée, c’est plus de la moitié du plateau… photo Marc Gosparini

Trois concurrents furent absents des essais de la veille (ennuis techniques). Après une nuit de mécanique, ils partent depuis les stands, après les petits copains. Photo Marc Gosparini
Malgré l’inévitable escalade technique (et financière), on remarque tout de même dans les dix premiers au scratch – encore cette année – quatre scooters « raisonnables », proches d’une configuration routière : le PX du Noblox Team (213 Pinasco / 6e scratch et 2e grosse coque), le team helvète HV Switzerland (Vespa Rally en 210 Malossi / 7e scratch et 3e grosse coque), le PK en 133 Polini fonte du Team 8Ball d’Eric Lauzet (8èmes au scratch et 1er SP3) et le Cosa allemand du Stihl Racing de Stefan Kummermehr (177 Polini fonte, 9e au scratch, 4e grosse coque et 1er LP2)…
Il y a du monde en piste, la tracé est un vrai billard, rapide et technique… Photo Marc Gosparini

Les Lorrains du team Avgaz (petite coque SP1), la bonne surprise de l’an passé, vont cette année connaître des ennuis, sanctionnés par un abandon rapide. Photo Vincent Birolleau
« Insuivable, le gros Pinasco usine »
En grosse coque – la classe la plus fréquentée en Endurance – le seul PX avec « big block » (les Allemands de Green Schlusslantern en Quattrini 244cc) a eu trop de pépins pour figurer au classement. Le gros 210 Malossi des Basques de Authentik a cassé (et chuté) tout comme celui des Lyonnais de La Drouille (bris de vilebrequin). Les trois « gros » Lambretta engagés ont eu eux aussi leur lot de soucis : deux grosses chutes pour le Bozamix Super Monza italien, petite chute pénalisante pour le rapide Authentik-Lambretta MB-RT240 de Gilles Fraval qui finit tout de même honnêtement classé, et casse du vilo pour le Lambretta anglais TS1 de TASS (Thanet Area Scooter Services).
Insuivable en classe « Large » (moteur puissant, bons pilotes, super organisation…) le gros Pinasco officiel s’est bagarré devant au milieu des petits monstres stéroïdés. Comme l’an passé, il manque l’exploit de peu. Une chute leur a fait perdre 3 tours, les 3 tours manquants pour gagner l’épreuve ! Bien que leurs collègues aient cassé leur petite coque Pinasco dès le tour de chauffe (!) les Italiens sont contents de la course, et notamment du potentiel de leur 225 (kit alu 9 transferts). Et puis leurs compatriotes du 10 Policci avec un cylindre Zuera 135 classique prennent la 3e place du classement SP1, la 4e place étant dévolue à un autre moteur Pinasco 135 Zuera, celui des « petits » frenchies du Team Tétanos, des Bretons qui finissent aussi premier équipage français.
Pit-stop pour le Vespa PX orange du Noblox Racing (relais obligatoire toutes les heures)… Photo Michel Lemarié

Le PK allemand Projekt Paul en action (SP1), futur vainqueur de l’épreuve : gros moteur et réservoir, des pilotes rapides, une organisation rodée… What else ? photo Vincent Birolleau
Exploit toujours…
les bons classements du Team Ratatouille (PX177 Pinasco) composé de rookies , du Team mixte 1863 (bravo l’équipe à Juliette !), sans oublier les locaux Bo BB habitués aux bons résultats ici (malgré leurs beaux gabarits), sont encore 12èmes au scratch cette année avec un petit PK en 133 Polini fonte préparé par Gilles de Seventies Scooter Pièces !
Gros progrès de plusieurs équipes qu’on a vu beaucoup mécaniquer dans le passé, mais qui ont fait cette fois une belle course, comme quoi l’expérience paie : le Team Herr Doktor de Stéphane Audiard et Willy Laignel (15èmes au scratch avec un rapide PX en 208 Polini alu), les amateurs Anglais du Two Sheds Racing (20èmes scratch avec un solide T5 172 Malossi), la Jean Jean Motion du Parisien David Darphin (23èmes au scratch avec un PX200 o-tuning malgré une grosse chute dans le pif-paf et une panne d’essence).
La « grosse coque » Pinasco officielle (LP1) a de nouveaux asticoté les véloces SP1 pour la gagne du scratch. Une petite chute la relèguera à la 3e place finale. Photo Vincent Birolleau

Le T5 du Frog team (N°2) va casser en fin de course, mais le PK du Team Mathis (N°567) finira 16e malgré des pépins mineurs. Photo Vincent Birolleau
Et puis superbe première course des locaux du RSN-Rétro Scooter club de Nevers (21èmes avec un PX en 213 Pinasco) et des Lyonnais de Vespa Cochon N°69, le Vespa rose (25èmes avec un PX en 177 Pinasco)… Il y a eu aussi les équipes de courageux, qui malgré les avatars mécaniques et/ou les chutes (et blessures) sont allés jusqu’au bout : le VCD-Vespa Club Dauphinois de Grenoble, les équipes Authentik (incontournable dealer Vespa à Anglet près de Biarritz), Les Lyonnais du BIC (Bloody Idiot Crew) et de La Drouille, les joyeux TVSC (Têtes de Veaux Scooter Club, des Parisiens), les GDM (Guêpe de Mort, les Savoyards), le Team Seventies Scooter (professionnel sis dans la Drôme), les Parisiens de Pouce-Pousse et RSPerf… sans oublier le Team Scoot’R Services (dealer Vespa sis à Lens) qui – ayant cramé son haut moteur en 177 Polini fonte – a terminé l’épreuve avec un cylindre 125PX stock, dont le piston n’était doté que d’un seul segment !

Pour l’édition 2018, on ne peut que conseiller aux éventuels intéressés de se tenir au courant et s’enregistrer dès l’ouverture des inscriptions, le nombre maxi d’équipages acceptés étant de 50 seulement.
Stay tuned !

Les concurrents et accompagnants peuvent suivre la course (classement et temps au tour…) sur le moniteur dédié, en plein air s’il vous plait ! Photo Michel Lemarié
Les deux small SPRT (Scoot en Panne Racing Team) au coude à coude. Le SPRT1 abandonnera sur chute, le SPRT2 sera vu 6e avant de casser la boite… Photo Vincent Birolleau

Certains équipages sont moins stressés que d’autres pour le ravitaillement… Ici les Parigots du TVSC (Tête de Veau Scooter Club) – photo Michel Lemarié
Classement scratch des 10 Heures Scootentole de Magny-Cours 2017

1.Projekt Paul (N°6-GER-SP1-Vespa PK Quattrini M200) 344 tours
2.Scuderia ESC (N°200-GER-SP1-Vespa PK Quattrini M200) 344 tours
3.Scuderia Pinasco Large (N°22-ITA-LP1- Vespa VBB-Pinasco 225) 343 tours
4.10 Pollici By Pinasco (N°77-ITA-SP1-Vespa V5A Pinasco 135) 339 tours
5.Team Tetanos (N°91-FRA-SP1-Vespa PK Pinasco 135) 328 tours
6.Noblox Racing (N°5-FRA-LP1-Vespa PX 213 Pinasco) 316 tours
7.HV Switzerland (N°169-CH-LP1-Vespa PX 210 Malossi MHR) 315 tours
8.DRK7 (N°7-FRA-SP3-Vespa PK 133 Polini fonte) 310 tours
9.Sthil Racing LF (N°9-GER-LP2-Vespa Cosa Polini 177 fonte) 305 tours
10.SPRT 1 (N°135-FRA-SP2-Vespa PK Parmakit) 303 tours
11.Cayer Barrioz (N°110-FRA-SP2-Vespa PK Parmakit SP09) 299 tours
12.Les Bo Bébés (N°771-FRA-SP3-Vespa PK 133 Polini fonte) 298 tours
13.Ratatouille Racing (N°59-FRA-LP1-Vespa PX 177 Pinasco MC) 297 tours
14.Authentik Racing SF (N°264-FRA-SP1-Vespa PK Quattrini liquide) 292 tours
15.Team Herr Doktor (N°221-FRA-LP1-PX 208 Polini alu) 289 tours
16.Mathis MS1 (N°567-FRA-SP1-Vespa PK Parmakit W-Force)
17.GDM 1 (N°74-FRA-LP1-Vespa PX 213 Pinasco)
18.Team 1863 (N°1863-FRA-LP1-Vespa PX 177 Pinasco MC)
19.Authentik Lambretta (N°471-FRA-LP1-Lambretta RT240)
20.Two Sheds Racing (N°291-UK-LP1-Vespa T5 172 Malossi)
21.RSN Racing (N°158-FRA-LP1-Vespa PX 213 Pinasco)
22.Jean Jean Motion (N°23-FRA-LP1-Vespa PX 200 o-tuning)
23.TVSC (N°15-FRA-LP1-Vespa PX 177 Pinasco MC)
24.VCD Course (N°38-FRA-LP1-Vespa PX 210 Malossi)
25.Vespa Cochon (N°69-FRA-LP1-Vespa PX 177 Pinasco MC)
26.GDM 2 (N°73-FRA-LP1-Vespa PX 177 Pinasco)
27.ECR 1 by the BIC (N°28-FRA-LP1-Vespa PX 213 Pinasco)
28.Seventies Scooter (N°707-FRA-SP3-Vespa V5A 133 Polini fonte)
29.Pouce-Pousse (N°24-FRA-SP2-Vespa PK Pinasco Zuera 135)
30.La Drouille (N°12-FRA-LP1-Vespa PX 210 Malossi)
31.Authentik Racing Large (N°446-FRA-LP1-Vespa PX 210 Malossi)
32.Stihl-Pinasco (N°8-GER-SP2-Vespa PK Pinasco Zuera)
33.RS Perf (N°127-FRA-SP3-Vespa V5A 133 polini fonte)
34.Scoot’R Services (N°62-FRA-LP2-Vespa PX 177 Polini fonte)
35.MaVespa (N°47-FRA-SP1-Vespa V5A Quattrini liquide)
36.ECR 2 By the BIC (N°29-FRA-SP1-Vespa PK Quattrini M1L)
37.School Forest Racing (N°58-AUT-SP1-Vespa PK Quattrini M200) DNF
38.Frog-Boyscoot (N°2-FRA-LP1-Vespa T5 172 Malossi) DNF
39.Green Schlusslantern (N°393-GER-LP1-Vespa PX Quattrini M200) DNF
40.Bozamix Racing (N°111-ITA-LP1-Lambretta Cosmoto SM250) DNF
41.Scuderia Pinasco Small (N°21-ITA-SP1-Vespa V5A Pinasco) DNF
42.Team Tass (N°67-UK-LP1-Lambretta TS1) DNF
43.Team Avgas (N°170-FRA-SP1-Vespa V5A Polini alu) DNF
44.SPRT 2 (N°271-FRA-SP1-Vespa V5A Quattrini liquide) DNF
45.Sangini Corse (N°31-ITA-SP1- Vespa Parmakit W-Force 150cc) DNF
46-Rolando Racing (N°45-ESP/PORT- Vespa SP1-Quattrini) DNF
47.Vespa Pugenti (N°4-ITA-SP1- Vespa Quattrini liquide) DNF
48.Team Lagiraf (N°345-FRA-LP1-Vespa PX 210 Malossi) NP

Habitué du Circuit Carole, le beau Lambretta RT240 de Gilles Fraval est un des ténors de l’endurance hexagonale. Nouvelle belle course, mais ternie par deux chutes… Photo Vincent Birolleau
Drapeau rouge, arrêt momentanée de la course et re-départ depuis les stands à une demi-heure de la fin ! Photo Michel Lemarié

Non, ce n’est pas un flash mob, ici on fête les heureux copains qui franchissent la ligne d’arrivée après 10 heures de course ! Photo Michel Lemarié
Mika du Team Tétanos (PK 135 Pinasco, première équipe française) enregistre une nouvelle sonnerie sur son portable dès l’arrivée franchie… Photo Michel Lemarié

La grosse coque Pinasco usine : vainqueur du scratch en 2013 sur le mouillé, 4e du scratch en 2016, 3e du scratch en 2017, et vainqueur de sa catégorie à chaque fois ! Photo Vincent Birolleau
Victoire méritée (scratch et SP1) pour le Projekt Paul. De G à D les héros du WE : Marc Dittgen/Andreas Lukas/Wolfgang Ullrich/Andrew Reid/Dennis Krawatzki. Photo DR