Il y a comme ça parfois quelques exercices de styles, l’histoire de la moto est parsemée d’exemples de « choses étranges » dont on peut souvent se demander pourquoi quelqu’un les a fabriqué. La réponse est probablement « parce que j’en avais envie… » et c’est très bien comme ça, je pense bien sur à certaines réalisations de Luigi Colani, ce génial designer à l’origine du bio-design, inspiré la fluidité des lignes du vivant et de la nature. Il avait réalisé en collaboration avec le suisse Fritz Egli, une moto totalement habillée et profilée pour battre des records. Sur une base de Kawa Z1 turbocompressée, elle reste un jalon impressionnant dans l’histoire de la moto.

Je pense aussi aux quelques exemplaires de la moto que Boxer Design avait produit sous la marque Lamborghini, sur base Kawa aussi, mais plus de la gamme GPZ 900 ou GPX 1000, un peu moins d’une quarantaine d’exemplaires ont été vendus tout de même.

Mais celle qui m’a donné envie de faire ce petit article est basée sur du Yamaha et s’appelle Yamaha Powa D10, son design pourrait sortir tout droit d’un manga ou d’un dessin animé japonais des années 80 et pourtant c’est en Suisse qu’elle a été imaginée. Son concepteur s’appelle Hans Walther et son idée était d’augmenter le CX d’une brave FZ750 d’origine pour en augmenter les performances, en s’inspirant des carénages dustbin (poubelle) des motos de course des années 50, comme les Guzzi, Gilera ou MV Agusta. Ces carénages qui sont revenus à la mode via l’éphémère vogue des runs… C’est donc un atelier du nom de Powa qui proposait à ses clients ce kit de 8 pièces à fixer sur la moto d’origine sur laquelle rien ne changeait ou presque.



Hans Walther avait soigné son projet avec des études aérodynamiques poussées et prévoyait que les 110 ch de puissance une fois enveloppés dans le kit donneraient des vitesses de pointe de 240 km/h, des chiffres énormes pour l’époque. Bon, le Powa D10 aurait atteint 301 km/h en vitesse de pointe  via une préparation qui lui donnait quelques chevaux en plus… admettons.

Il ne reste plus beaucoup d’exemplaires de cette Powa D10, tant mieux diront certains, elles sortent parfois sur les réseaux qu’on dit sociaux au hasard d’une vente aux enchères ou parce qu’une boite spécialisée dans les locations de véhicules pour le cinéma en fait la promotion. En tout cas, en 1988, on ne parlait pas encore de « préparateur » mais déjà des allumés imaginaient et produisaient des versions très personnelles des motos de série, cette Powa D10 en est un bel exemple.