Le marché américain a longtemps été l’obsession des constructeurs japonais, en particulier de Honda qui a réussi un coup de maître avec la campagne de pub du Cub, un peu comme VW l’avait fait avec la campagne de la Cox. La course moto aux USA se divise en de nombreux domaines, les courses dans le désert, le cross, un peu la piste, mais surtout le flat-track et le championnat a longtemps été modelé pour que les marques US y conservent leur chasse gardée… Jusqu’à ce que Honda remporte le titre national en 1984 – et le confirme les années suivantes – avec sa RS 750 qui était une moto moderne, dont le V-twin dérivait des VT et XLV de série. Les constructeurs essayent toujours de faire fructifier leurs investissements en compétition sur leur production grand public.

C’est dans cette optique que Honda propose en 1985 une petite FTR pour séduire une jeunesse fan de Flat-Track avec une machine moins exclusive que la version civile de la RS750, ce sera donc cette 250cc. Une FTR 250 dont le moteur est piqué à la XLR, et l’habillage au flat-track de A à Z, la plaque à l’arrière, le cadre peint, le guidon etc…

Donc on a une évocation d’une icône américaine, produite au Japon, munie d’un moteur de petite cylindrée, ok, mais alors pour quel public est elle destinée ? Je ne connais pas bien le Japon, mais je crois savoir qu’un certain nombres de pratiques américaines y sont restées populaires, le baseball par exemple y est très prisé, on pourrait donc en déduire que c’est également le cas du flat-track. Eh bien non, pas du tout, donc, même si la cylindrée de 250cc y est une bonne idée pour des raisons fiscales, le look de cette FTR n’éveille que très peu d’intérêt au pays du soleil levant.

Ok donc on oublie le Japon où elle restera confidentielle, l’autre marché d’importance pourrait être les USA non ? Caramba encore raté ! Qu’est ce qu’on peut bien faire là bas avec un quart de litre ?? Au pays des grosses Harley, un 250cc c’est comme une Vache qui rit sur un plateau de fromages, la FTR n’aura jamais de carrière outre Atlantique.

Alors cette petite brèle au look flat track n’a pas rencontré son public au Japon ni aux USA, comme on a affaire à une grosse entreprise pleine de bon sens, on se dit que le marché rêvé ce sera l’Europe. Avec ses petites routes, certains de ses motards qui ne sont pas inquiets qu’on pense qu’ils sont sous membrés s’ils roulent sur moins de 650cc, cela aurait pu être un environnement parfait, eh bien devinez quoi ? Elle n’y a jamais été commercialisé.

Monocylindre 4 t refroidi par air – 249 cm3 (73 x 59,5 mm) – 27 ch/8 500 tr/min – Simple ACT entraîné par chaîne, 4 soupapes radiales – Lubrification par carter humide – Allumage électronique – Boîte 6 rapports – Transmission par chaîne – Cadre double berceau tubulaire – Suspensions av. télescopique, ar. oscillante – Freins à disque – Pneus av. 100/90-18, ar. 120/90-16 – 127 kg – 140 km/h.