Alors que la pratique de la moto devient de plus en plus compliquée et hasardeuse avec l’arsenal de réglementations tirelires déployé par nos gouvernants, les prix de certains modèles continuent d’atteindre des sommets étonnants. Un tarif se laisse écrire sur une étiquette dans un show-room et on peut toujours se demander si le couillon correspondant à cette couillonnerie se lèvera un beau matin, mais lorsqu’il s’agit d’une vente aux enchères, on a d’office la réponse à la question. Bien sur il y a un monde entre cette Vincent Black Lightning de 1951 à l’historique riche et parfaitement connu et les Kawasaki trois cylindres deux temps, mais ce sont deux exemples assez révélateurs de ce qu’est le marché actuel.
Donc cette Black Lightning est un exemplaire issu d’une production qu’on dit au nombre de 51 ou 32 en tout selon les sources, des motos « compé-client » en somme, commandée spécialement à l’usine Vincent et expédiée en Australie. En 1953, elle a battu le record de vitesse du pays, Jack Ehret lui fit franchir les 141.5mph soit 227,7kmh, elle était en sa possession depuis 50ans et n’a jamais été restaurée, c’est Monsieur Godet lui même qui a été chargé de la remettre en état d’usage pour la vente.
Pas loin d’un million de dollars donc pour une moto de records quasiment unique, et loin de tout cela, des sommes au dessus de 20.000€ pour une Kawasaki triple 2T de type H2 750 fabriquée à plus de 40.000 exemplaires à l’époque ou une 900Z affichée au dessus des 18.000€. Il faut bien admettre que ces machines sont restaurées proche du neuf et par conséquent, les frais qu’il a fallu faire pour en arriver à ce résultat ont certainement été très élevés, il y a peu de chance par contre de croiser ces « investissements » au prochain feu, elles iront s’aligner dans une collection et alimenteront des conversations plus axées sur le pourcentage que leur valeur peut prendre chaque année que sur le comportement de leur châssis ou de leur moteur.