Un jeune réalisateur de 23 ans originaire de Lettonie a réalisé entièrement seul ce film d’animation d’une heure et quinze minutes, il a tout fait, le dessin, la 3D, la musique, les sons… tout, le résultat est assez surprenant. Il s’agit du trajet d’un jeune homme perdu seul sur un ile après ce qui ressemble à un crash d’avion, son périple est onirique, il trouve une moto et un sac à dos qui lui permettent de fuir une sorte d’être-esprit menaçant dont rien ne semble pouvoir stopper la lourde marche.

Le jeune homme seul recueillera un oiseau qui ne sait pas voler et qu’il sauvera de la menace mortelle de cet être sombre, ils partent ensuite suivant une carte trouvée sur place pour tenter de trouver un échappatoire, mais à quoi ?

Gints Zilbalodisle jeune réalisateur de ce film a utilisé un traitement en flat design pour illustrer son film, même si  la 3D est utilisée, on ne ressent pas cette impression un peu high-tech qui accompagne habituellement ce genre, là on est plus proche de l’animation japonaise de Miyazaki, d’ailleurs tout l’environnement onirique y fait penser, la nature, les esprits, le contraste entre les choses simples et naïves et les dangers qui les guettent. J’ai pensé aussi au jeu video Myst pour le coté étrange de ces lieux qui procurent à la fois de l’aide (carte, moto, sac à dos) et du danger (ponts qui s’écroulent, neige, avalanche, menace d’un personnage étrange) et pour les paysages d’ile mystérieuse.

Mais si ce film est chroniqué ici ce n’est parce que RAD devient un site de critique cinéma, c’est parce que l’autre personnage principal de « Ailleurs » est une moto et que pour une fois, le traitement en est plutôt réussi. On ne sait pas qui a laissé cette moto là avec le plein, mais on la découvre avec le jeune héros qui aura un peu de mal à s’y habituer, mais passera assez vite de novice maladroit à expert du pilotage. Ce qui est étonnant aussi c’est le look de cette moto qu’on croirait directement issue d’un atelier de préparateur.

Ce petit monocylindre qui démarre sans kick est affublé d’un petit garde boue avant, de roues à rayons dont le mouvement est très fidèlement reproduit dans l’animation, la selle courte et plate reprend un des tics les plus répandus dans les préparations un peu rapides sur ce type de base, ce qu’on place en général dans le fourre-tout appelé Brat, du nom de cet atelier japonnais qui a lancé ce style à la fin des années 90.

Le périple à moto de ce jeune homme et de l’oiseau qu’il a recueilli dure un peu plus d’une heure, le temps pour eux d’arriver au bout du trajet qu’ils ont découvert sur la carte trouvée sur place, la fin reste ouverte, elle laisse la place à l’interprétation de chacun, puisqu’en cours de route, on verra une carcasse d’avion crashé (au tout début du film, le jeune homme est suspendu à un arbre par son parachute). Est-il mort ? Est-ce une sorte d’au-delà qui équiperait ses occupants d’une moto ? Chacun se fera son opinion, mais ce court film mérite d’être visionné, son auteur a bien du talent et à mon avis il roule à moto.

La bande annonce est visible sur Youtube